Allégations environnementales : 7 erreurs à éviter absolument
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L’écologie a la cote, et les entreprises cherchent à tout prix à montrer patte verte, quitte à tomber dans le greenwashing (ou éco-blanchiment). Cela passe notamment par les allégations environnementales trompeuses : lorsqu’un produit se vante d’être plus écologique qu’il ne l’est réellement.
C’est quoi les allégations environnementales ? 📢
Une allégation environnementale est la mise en avant du caractère écologique ou peu néfaste d’un produit ou d’un service. Normalement, elle repose sur une caractéristique mesurable et factuelle.
👉 Par exemple, une bouteille composée à 50 % de matières recyclées est une caractéristique. Mais l’affichage de cette information (dans une publicité, sur un emballage…) constitue une allégation.
Le problème survient lorsqu’une entreprise emploie une allégation trompeuse pour booster ses ventes sans effort réel pour rendre son produit plus durable.
Les 7 types d’allégations trompeuses 😵💫
Nous avons classé ces pratiques du moins au plus trompeur. Elles induisent toutes les consommateurs en erreur sur l’impact environnemental d’un produit.
1. Basée sur une obligation légale
👉 Ex : « Ce jus d’orange est sans cyanure ». Cela donne l’illusion que l’entreprise offre un avantage alors que c’est une norme légale. ⚖️
2. Globalisante
👉 Ex : « hébergement web vert ». Un terme vague, sans critère concret mesurable. 🌍
3. Référant à une caractéristique partagée par les concurrents
👉 Ex : « coton naturel ». Cela laisse entendre que le produit est plus avantageux qu’il ne l’est réellement.
4. Ambiguë
👉 Ex : « miel de France ». Sans précisions, impossible de savoir quelle étape a eu lieu en France. 🤔
5. Disproportionnée
👉 Ex : Un emballage "100 % recyclable" alors qu’il ne l’est qu’en partie.
6. Injustifiée
👉 Ex : « production économe en eau » alors que ce n’est pas prouvé. ❌
7. Illégale
👉 Ex : « pétrole respectueux de la planète ». D’ailleurs, la promotion des énergies fossiles est interdite par la loi Climat et Résilience de 2021. 👨⚖️
Le Conseil national de la consommation a publié en 2023 un Guide pratique sur les allégations environnementales, disponible en ligne.
Le greenwashing est-il légal ? ⚖️
L’éco-blanchiment n’est pas seulement rejeté par les consommateurs, il est aussi interdit par la loi. C’est une pratique commerciale trompeuse, prohibée par le Code de la consommation (articles L121-2 à L121-5).
Les sanctions pour une entreprise qui emploie des allégations environnementales trompeuses sont sévères :
💰 Amende pouvant atteindre 300 000 €
⏳ Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement
Depuis le 1er janvier 2023, pour s’afficher comme "neutre en carbone", une entreprise doit prouver ses efforts de réduction et de compensation de son empreinte carbone.
📊 Chiffres clés :
- 68 % des Européens reconnaissent que leurs achats ont un impact négatif sur l’environnement.
- 74 % des Français favorisent les produits des entreprises qui réduisent leur empreinte carbone.
Allégations trompeuses : les chiffres 🔢
🔎 2020 : La Commission Européenne révèle que 53,3 % des allégations environnementales étudiées sont vagues ou trompeuses.
🛒 2021 : Sur 344 allégations examinées dans l’e-commerce :
- 59 % ne fournissent pas de preuves accessibles.
- 42 % sont mensongères ou trompeuses.
- 37 % utilisent des termes vagues comme "verts".
🕵️ 2023 : La DGCCRF contrôle 1 100 entreprises et détecte 24,8 % d’infractions liées aux allégations environnementales.
👉 273 entreprises ont reçu des sanctions : avertissements, injonctions ou procès-verbaux.
Les bonnes pratiques un vrai marketing durable
Les différents types de labels écologiques ♻️
Il est difficile de faire la part des choses dans toutes ces allégations, plus ou moins ambiguës ou injustifiées. On peut alors être tenté de se tourner vers les labels, qui ont des exigences précises et identiques pour tous les produits. Certaines allégations normalement interdites, comme « meilleur pour l’environnement », peuvent même être autorisées si le produit est certifié d’un écolabel. Malheureusement, tout n’est pas tout rose.
Il existe 3 catégories de labels :
- Auto-déclaration : ces labels privés sont sous la responsabilité du producteur ou du distributeur. Ils ne nécessitent pas de vérification par un organisme scientifique indépendant. La plupart du temps, le label n’examine qu’un critère et/ou qu’une seule étape du cycle de vie du produit. 😑
- Contrôlés par un organisme indépendant : les produits doivent être conformes à un cahier des charges. Le contrôle et/ou la certification sont soumis au code de la consommation (articles L. 433-1 à 433-11).
- Écolabels : leurs critères portent sur l’ensemble du cycle de vie du produit. Ils garantissent que leurs impacts environnementaux sont significatifs et qu’un organisme indépendant a certifié le produit. Ces écolabels sont conformes à la norme ISO 14024. ✅
Difficile de les différencier au premier coup d’œil ! Leur variété (environ 230) entraîne une méfiance générale, puisqu’ils ne sont pas tous soumis à la même rigueur !
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La méthode pour concevoir une allégation environnementale loyale 💡
Si vous avez suivi jusqu’ici, il ne devrait pas y avoir de grosse surprise. Pour s’assurer que son allégation environnementale est justifiée, vous devez vérifier qu’elle est bien :
- claire (sur la nature de son avantage)
- précise et sans ambiguïté
- légale et proportionnée
- en lien avec l’impact du produit/service
- appuyée par des preuves scientifiques. 🔬
Il faut donc en amont faire des recherches établissant des éléments précis et mesurables sur une ou plusieurs des étapes du cycle de vie. L’allégation doit être fondée sur une différence significative avec ce qu’impose la loi et les pratiques des concurrents (selon des critères clairs et précis). 💡
En aval, vous devez mettre à disposition les études (cadre de recherche, protocole, résultats précis) aux potentiels clients. Ces informations doivent être facilement accessibles (par exemple grâce à un QR Code sur le packaging). 📜
Utiliser l’éco-conception comme preuve d'engagement
Pour pouvoir montrer patte verte au monde, il faut déjà avoir conçu un produit ou un service de manière écologique.
⚖️ L’éco-conception vise à réduire l'impact environnemental des produits en prenant en considération l’entièreté de leur cycle de vie (de la fabrication au recyclage). Encore une fois, une marque ne peut pas l’utiliser comme ça lui chante.
Ce concept obéit à la norme ISO 14062 et au règlement COM(2022) 142 adopté par la Comission européenne. Ces textes servent à définir les types de produits concernés ainsi que les critères suivants :
- la consommation d’eau,
- la consommation d’électricité,
- la consommation de matières premières,
- l’impact sur le changement climatique,
- l’impact sur la biodiversité.
Nous avons écrit tout un article sur les vidéos éco-conçues, ainsi que sur les sites éco-conçus.
💡 Ils sont parfaits pour découvrir les grands principes, mais si vous souhaitez un accompagnement concret, contactez-nous !